Sorties

Edito Octobre 2017

Octobre marque vraiment le passage la rupture: l'été s'éloigne, les journées avec la brume, les températures fraîches et les soirées au coin du feu. L'occasion de lire et d'aller au cinéma !

dimanche 15 octobre 2017

"Lego Ninjago: le film"

Teddy Riner, Jackie Chan, Dave Franco, Justin Theroux, Olivia Munn, 

Pour défendre la ville de Ninjago City, Lloyd, alias le Ninja Vert, et ses amis maîtres-bâtisseurs Lego et combattants infiltrés se mobilisent. Avec à leur tête le maître du kung-fu Wu, aussi sage que blagueur, ils doivent affronter l'abominable Garmadon... qui se trouve aussi être le père de Lloyd ! Mais il leur faudra d'abord surmonter leur ego et apprendre à unir leurs forces pour se révéler de redoutables guerriers. C'est à ce seul prix que notre bande de ninjas modernes, redoutables et insoumis, pourront remporter la bataille...


Le film commence avec des images de notre civilisation: un enfant pousse les portes d'un magasin tenu par un chinois, une antre où il y a animaux empaillés et autres objets traditionnels, comme un service à thé. Le gérant lui demande pourquoi il ne joue pas avec les enfants de son âge... Et c'est le début de l'aventure à Ninjago !


Un film qui se veut axé quête de soi. Lloyd vit avec sa mère et s'oppose avec son père qui est le grand méchant Garmadon. Lloyd ne trouve pas sa place à l'école ni dans le bus, à part avec le groupe d'amis Ninjas. Les attaques régulières de Garmadon se renouvellent dans la technologie, jusqu'à la suprématie de ce dernier sur la ville, sans oublier le réveil du chat Miaoutra: c'est alors que le groupe d'amis va se lancer dans la mission de trouver l'arme ultime ultime. 


Au fur et à mesure de la quête, nous rencontrons quelques décors se veulent de notre monde: des plantes "pour de vrai" tout comme Miaoutra. Ce qui donne une identification possible avec l'histoire. La finale de l'histoire nous ramène dans la réalité. Au générique de fin, nous retrouvons quelques scènes backstage avec Jackie Chan essayant d'attraper des tasses au col (voir la scène d'ouverture).


Le film souligne la quête de soi: nous avons tous une énergie particulière en nous, ici réveiller l'eau ou bien le feu et l'union. Garmadon a eu une vie heureuse, mais un tournant s'est présenté et il a pris une direction qui l'a éloigné de la vie de famille qu'il aurait pu avoir: en quelque sorte, "Lego Ninjago" propose une orientation lien avec des proches, au sens large, avec les amis et les parents, comme ciment.


Ma note: 5/5 une portée de réflexion importante avec des décors ponctuels réels: le meilleur film Lego à mon avis ! Les touches d'humour sont au rendez-vous, ce qui fait passer un très bon moment. Sans oublier une portée psychologique: accepter quelqu'un dans son groupe d'amis (école, bus, travail) malgré l'histoire de sa famille.


A voir: si vous avez beaucoup apprécié "La grande aventure Lego" et "Lego Batman le film", si vous n'avez vu ni l'un ni l'autre c'est l'occasion de se lancer dans les films Lego, si vous construisez des Lego, si vous connaissez quelqu'un qui construit des Lego

A zapper: si pour vous un Lego reste une construction en briques à faire chez soi, la franchise Lego en film reste un business

"Kingsman: le cercle d'or" de Matthew Vaughn

Casting: Colin Firth, Taron Egerton, Halle Berry, Mark Strong, Julianne Moore, Channing Tatum, Pedro Pascal, Jeff Bridges

Kingsman, l'élite du renseignement britannique en costume trois pièces, fait face à une menace sans précédent. Alors qu'une bombe s'abat et détruit leur quartier général, les agents font la découverte d'une puissante organisation alliée nommée Statesman, fondée il y a bien longtemps aux Etats-Unis. Face à cet ultime danger, les deux services d'élite n'auront d'autre choix que de réunir leurs forces pour sauver le monde des griffes d'un impitoyable ennemi, qui ne reculera devant rien dans sa quête destructrice.


Quitte à donner le ton dès le début du film, Eggsy se fait attaquer par un ancien aspirant Kingsman. Puis se retrouve à un dîner, mais par n'importe lequel: il rencontre les parents de sa copine, qui n'est autre que la Princesse Tilde (mais si à la fin du premier Kingsman ils ont couché ensemble). Les lieux de vie des agents Kingsman se retrouvent, simultanément, détruits: Eggsy et Merlin sont les seuls survivants.


Pendant ce temps là, Poppy Adams est en pleine crise existentielle: en exil au milieu de nul part, elle forme de nouvelles recrues et met au point son plan ultime. A savoir, grâce à son trafic de drogue mondial, infester la population d'un virus dont elle seule a l'antidote. Son objectif: être réhabilitée dans la société, être reconnue parmi les dirigeant les plus puissants du monde.


C'est sans compter sur des rebondissements: Galahad, joué par Colin Firth, est vivant et grâce à l'organisation Statesman. Comment est-ce possible? A vous de le découvrir ! Un indice: une nouvelle technologie permet de stopper une hémorragie interne. Inconvénient majeur: la récession psychologique du sujet.


Sans oublier bien sûr un agent double, sauver son couple, une alliance entre deux agences d'élites barrées (tandis que côté British nous connaissons Merlin, aux Etats-Unis nous retrouvons les agents Champagne et Whisky... ça vous donne une idée de base de ce nouvel opus).


Nous retrouvons les accessoires du premiers Kingsman et des nouveaux qui sont tout aussi digne (voire meilleurs) de ce volet: le parapluie protecteur, les lunettes qui fournissent des informations, et par exemple en nouveauté le lasso électrifié et des traceurs GPS sanguins.


Ma note : 5/5 la mayonnaise du premier Kingsman prend aussi pour ce second opus: un humour décapant, des scènes d'action réglée au millimètre près, une trame simple mais efficace et une ambiance survitaminée.


A voir: si vous avez adoré le premier opus

A zapper: si le premier opus vous est passé à des kilomètres au dessus de la tête

"Seven Sisters" de Tommy Wirkola

Casting: Noomi Rapace, Glenn Close, Willem Dafoe, Marwan Kenzari, Christian Rubeck, Pal Sverre Vlaheim Hagen, Tomiwa Edun

2073, la Terre est surpeuplée. Le gouvernement décide d'instaurer une politique d'enfant unique, appliquée de main de fer par le Bureau d'Allocation des Naissances, sous l'égide de Nicolette Cayman. Confronté à la naissance de septuplées, Terrence Settman décide de garder secrète l'existence de ses 7 petites-filles. Confinées dans leur appartement, prénommées d'un jour de la semaine, elle devront chacune leur tout partager un identité unique à l'extérieur, simulant l'existence d'une seule personne: Karen Settman. Si le secret demeure intact des années durant, tout s'effondre le jour où lundi disparait mystérieusement...


L'organisation semble être rodée, le deal accepté: une seule identité officielle pour sept filles, ce qui implique qu'après chaque sortie, elles doivent tous dire. Ainsi, les informations partagées permettent  un comportement unique, comme si de rien n'était. Cela n'empêche pas, pour chaque fille, d'avoir sa propre personnalité, ses propres rêves, mais pendant une trentaine d'années chacune réussit avec plus ou moins de succès de se contenir. Mais la disparition de Lundi remet tout en question: partagent-elle vraiment toutes les informations? 


Vivre à 8 puis à 7 (le protecteur n'est pas éternel), sachant qu'un seul enfant est toléré, nécessite une organisation bien huilée: dans l'appartement, seulement un lit d'enfant et un lit d'adulte, la vaisselle ne doit pas être trop importante, les rations de nourritures ne sont pas pour une grande fratrie, et ainsi de suite.


Vous ne devinerez jamais la fin. Au début, nous pouvons penser que 7 filles est le fantasme d'un individu: parmi la politique de l'enfant unique, l'on peut rêver d'avoir plusieurs enfants, avec chacun un caractère différent pour ainsi partager différentes choses: le sport, l'intellect etc.

Bien qu'elles aient parfaitement intégré l'organisation (le roulement: lundi sort le lundi ou encore se cacher dans l'appartement si besoin), nous ne pouvons pas lutter contre la personnalité individuelle. C'est ce qui va entraîner la chute de la famille, et remettre en question la politique installée depuis des décennies. 


D'un point de vue politique, la cryogénérisation est la version apportée à la population: vous avez plusieurs enfants, ce n'est pas grave, vous en gardez un, et l'autre on le gèle; lorsqu'il y aura des jours meilleurs, il sera réveillé. Grâce aux sept soeurs, nous allons découvrir l'envers du décors. En politique, tout est bon pour rassurer la population, l'endormir, prétendre que les solutions apportées sont les bonnes.


Ma note: 5/5 un film d'anticipation qui traite d'un sujet réel: l'accroissement de la population face aux besoins alimentaires. La politique de l'enfant unique est non sans rappeler la Chine: ici, poussé à l'extrême lors de naissances multiples non déclarées (la cryogenèse, vraiment? ça fait froid dans le dos, et pas parce qu'il s'agit de geler des enfants). Les sept soeurs réussissent, pendant trente ans, à s'organiser, mais les personnalités individuelles prennent le dessus.


A voir: si vous voulez vous confronter à notre réalité démultipliée

A zapper: si la réalité vous fais déjà suffisamment peur

mercredi 11 octobre 2017

"Le petit prince" d'Antoine de Saint Exupéry

Le premier soir je me suis donc endormi sur le sable à mille milles de toute terre habitée. J'étais bien plus isolé qu'un naufragé sur un radeau au milieu de l'océan. Alors vous imaginez ma surprise, au lever du jour, quand une drôle de petite voix m'a réveillé. Elle disait:
"S'il vous plait... dessine-moi un mouton !
- Hein !
- Dessine-moi un mouton..."
J'ai sauté sur mes pieds comme si j'avais été frappé par la foudre.


La réplique la plus connue de cette oeuvre: "s'il-vous-plait, dessine moi un mouton". L'astéroïde B612, la rose, le renard, le serpent, l'allumeur de réverbère et l'aviateur: ce sont des exemples de rencontres que le Petit Prince va faire. Et inversement: ces personnages vont rencontrer le Petit Prince. Qui va le plus apprendre? Et que va retenir le lecteur de ces rencontres?

Une oeuvre qui retrace des traits de caractères propres à l'homme, mais que l'on va rencontrer séparément, comme pour les apprécier et les analyser de la meilleure façon qui soit, au travers du regard d'enfant du Petit Prince. La question qui ressort est: comment un individu, ayant grandi dans un autre contexte que le notre, pourrait nous percevoir? Comment un enfant voit-il le monde des adultes, et comment les adultes traient-ils l'enfant? Comme le rappelle Antoine de Saint Exupéry, un adulte a été un enfant mais a oublié ce que c'est qu'être un enfant.

Une édition permet d'avoir des aquarelles de Saint Exupéry, jalonnants le récit: ce qui renforce d'autant plus le décalage entre enfant et adulte. Les esquisses sont très simples, pour renforcer le regard enfantin. Une oeuvre très philosophique sur la personnalité et les étoiles.


Le parc du Petit Prince à Ungersheim offre la possibilité de vivre cette expérience: animations animalières (renard / mouton et chien de berger / agility avec des oiseaux), des films de 5 à 20 minutes, des questions autours de l'astronomie, un labyrinthe, la rose... De quoi nourrir son âme d'enfant, nous nous émerveillons d'attraction en décors.

La restauration au parc est très bonne, il y en a pour tous les goûts (très important pour moi qui ne mange pas de viande par exemple): vous trouverez viande, poisson et végétarien. Et pour cela, je vous dis merci : tout le monde peut se nourrir. Je n'ai pas tenté l'animation L'Aéropostale: le splash en Octobre, j'ai eu un peu peur d'avoir froid... Un prétexte pour revenir en saison estivale ! Et retrouver son âme d'enfant.

Aux alentours, vous avez Mulhouse et Baldersheim à une quinzaine de minutes en voiture du parc: l'hôtellerie est au rendez-vous ! Attention à la météo: si le vent est jugé trop fort, les ballons ne décolleront pas.

Pour plus d'informations: http://www.parcdupetitprince.com


lundi 2 octobre 2017

"Gremlins" de Joe Dante

Casting: Zach Calligan, Phoebe Cates, Hoyt Axton, Frances Lee McCain, Glynn Turman, Dick Miller, Polly Holliday, Kenneth Tobey

Rand Pelter, un inventeur plus ou moins réussi, offre à son fils Billy un étrange animal: un mogwai. Son ancien propriétaire l'a bien mis en garde: il ne faut pas l'exposer à la lumière, lui éviter tout contact avec l'eau, et surtout, surtout ne jamais le nourrir après minuit... Sinon...


L'affiche donne le ton: une gentille bestiole qui cache une autre personnalité. Ce côté méchant se révèle si l'on ne respecte pas deux des règles citées par l'ancien propriétaire. L'autre, en revanche, permet de maîtriser la bestiole.


Des répliques et scènes cultes. Nous avons nottament le "Gismo caca". Et une référence à "E.T L'extra-terrestre" (les 2 plus évidentes et ça marche ! Un indice? Les peluches et la communication). Les saletés se retrouvent dans un cinéma et adorent "Blanche-Neige et les 7 nains": ils se mettent même à chanter! Gismo au volant d'une voiture télécommandée, de couleur rose bonbon.


Faisons-nous face à une comédie potache? En tout cas, une comédie hilarante. Les boules de poils ont leur propre langage, bien que l'on puisse comprendre quelques mots. Des références sont là, envers des films qui ont fait leur temps mais qui traversent les âges. C'est le genre de film qui n'oublie pas un brin de morale: on n'écoute pas assez, on ne fait pas assez attention à ce qui nous entoure.


Le scénario est basique: un incident et c'est l'enchaînement de catastrophes. On pourrait tourner autours du pot, mais les imbécilités des gremlins et le contraste émotionnel de Gismo, en confrontation avec les humains, qui ont chacun leur dose d'enfance dans les yeux, donne un mélange explosif, amusant et émouvant.


Ma note: 4.75/5 Un film anti-blues, basique, avec ses références et ses répliques. C'est sur que vous n'aurez pas mal à la tête après l'avoir vu. Réfléchissez bien à deux fois lorsqu'il y a des recommandations de vie pour votre animal de compagnie. Prenez le seau de pop corn (et essayez de ne pas vous étrangler avec). Un petit plus sur l'origine de Gismo aurait été sympa.


mercredi 27 septembre 2017

"Une vie" de Simone Veil

Simone Veil accepte de se raconter à la première personne. Personnage au destin exceptionnel, elle est la femme politique dont la légitimité est la moins contestée, en France et à l'étranger ; son autobiographie est attendue depuis longtemps. Elle s'y montre telle qu'elle est: libre, véhémente, sereine.


Un parcours de vie exceptionnel, raconté à la première personne: l'implication personnelle renforce ce récit déjà poignant. Car le camps d'Auschwitz et la séparation familiale sont déjà très émouvants et la scène politique est un monde tourbillonnant, happant. Les descriptions sont assez intimes tout en restant pudiques: la juste distance pour impliquer le lecteur, partager les ressentis sans trop en révéler non plus.

Les annexes sont très fournies. L'idée est excellente d'avoir séparé les discours et lettres, du corps du texte: d'un côté l'histoire se raconte, les annexes sont un autre rythme et auraient pu alourdir les émotions partagées. Les documents en ajout donnent un aperçu de l'attitude à avoir selon le contexte de la chair.

Simone Veil a intégré le Panthéon aux côté de son mari. La famille a eu une place importante dans sa vie: la mère qui a insisté sur le fait d'avoir un vrai travail, l'insouciance avec la fratrie, mais aussi les amis. C'est une leçon de vie et de géopolitiques, dans un équilibre juste.

dimanche 24 septembre 2017

"Les souvenirs" de David Foenkinos

A la mort de son grand-père, le narrateur décide de prendre soin de sa grand-mère. Conscient du temps qui passe et de la fragilité des moments de bonheur, celui qui n'est à l'époque qu'un auteur balbutiant redécouvre le plaisir d'une vraie relation complice. Quand la vieille dame fugue de sa maison de retraite, il s'enfuit avec elle et, sur la route, rencontre l'amour...


Un homme à fleur de peau, qui ne se sent pas vraiment à sa place vis-à-vis de son père, qui ne comprend pas ses parents, qui essaye d'écrire sans grand succès. Quand son patron lui propose de gérer lui même l'hôtel, c'est pratiquement inespéré. Et le début d'un rite initiatique à la vie: la fugue de la grand-mère, une rencontre à des funérailles, quelques mots échangés avec une institutrice, l'amour, un emménagement, des questionnements sur la vie de couple et l'écriture, et même un enfant.

Il va finir par trouver sa voie, non sans des trébuchements et des joies. Le lecteur ressent ce que le personnage ressent grâce aux descriptions, à la ponctuation et aux passages en italique qui apportent une touche explicative, plus personnelle, une autre vision du récit. Nous pouvons même avoir l'impression que sa vie est un accident de parcours: il est là sans vraiment décider de ce qui se passe.