Sorties

Edito Juillet 2017

Début Juillet n'était pas au top côté météo. Mais les rendez-vous littéraires et cinématographiques seront-ils là? Nous avons toujours "Transformers 5" et "Le grand méchant renard" à l'affiche. Paula Hawkins reste présente dans les rayons avec "Au fond de l'eau", nous retrouvons aussi en rayon "Qui a tué Lady Di?" de Jean-Michel Caradec'h. A la vente, nous retrouvons LaLaLand, Split et Underworld Blood Wars. Attendu à la vente, la cinquième saison de Meurtres au Paradis.

jeudi 20 juillet 2017

"Nom de code: Witch" de Ian Rankin

Cela fait des années que la Special Branch et le MI5 essaient de mettre la main sur une femme: Witch, terroriste internationale particulièrement dangereuse et performante. Le problème, c'est que personne n'est capable de la décrire avec précision. Il suffit de l'étrange explosion d'un bateau de plaisance au milieu de la Manche, de l'assassinat baroque d'un banquier en Ecosse et de l'arrivée imminente, à Londres, de nombreux chefs d'Etat, pour semer la panique: aucun doute, Witch s'apprête à frapper de nouveau. Entre Calais, Paris, l'Allemagne et une fête foraine à Brighton, la traque fébrile menée de front par les services secrets français et britanniques se resserre autour du Centre de Conférences proche de Buckingham Palace et connaît un dénouement renversant sous les remparts de York.


Une femme qui sème la terreur, mais dont personne ne peut tirer un portrait robot. Des anonymes semés au fil de son chemin. Mais quel est le but de Witch? Qui cherche-t-elle à atteindre? Et surtout, où est-elle? Le dénouement est totalement bluffant: le lecteur est persuadé d'une piste, encouragée par l'enquête. Le retournement de veste est une claque aussi importante pour les personnages que pour le lecteur.

Ian Rankin apporte ici la complexité des personnages, d'un côté Witch et de l'autres les enquêteurs, menant chacun une vendetta. La montée en puissance est psychologique, une confrontation d'idées, de blessures. Lorsque les enquêteurs comprennent la motivation de Witch, est-il encore temps de la contrer?

"Witch"décrit très bien le personnage féminin traqué. Bien que "Ghost" (fantôme) conviendrait mieux étant donné qu'elle est invisible, "Sorcière" souligne le côté envoutant qu'elle provoque lorsqu'elle rencontre des personnes: elle se fond dans des profils variés, très variés, de l'adolescente à la femme d'affaire à la City.

samedi 15 juillet 2017

"Le mystère Henri Pick" de David Foenkinos

En Bretagne, un bibliothécaire décidé de recueillir tous les livres refusés par les éditeurs. Ainsi, il reçoit toutes sortes de manuscrits. Parmi ceux-ci, une jeune éditrice découvre ce qu'elle estime être un chef d'œuvre, écrit par un certain Henri Pick. Elle part à la recherche de l'écrivain et apprend qu'il est mort deux ans auparavant. Selon sa veuve, il n'a jamais lu un livre ni écrit autre chose que des listes de courses... Aurait-il eu une vie secrète ? Auréolé de ce mystère, le livre de Pick va devenir un grand succès et aura des conséquences étonnantes sur le monde littéraire.


Des trajets en Paris et la région de Crozon sur fond d'enquête littéraire: qui est vraiment derrière un manuscrit refusé? Basé sur un concept américain, un breton accepte, dans sa petite bibliothèque, de créer des étagères pour auteurs éconduits. Sauf qu'une critique littéraire va mettre son nez ici et sortir un manuscrit de la poussière... Deux phénomènes vont ressortir: la notoriété de Crozon et un auteur décédé. Autour va graviter des drames de couples, de familles: la femme critique littéraire face à son chéri en mal d'inspiration et de reconnaissance, la veuve, une femme du passé de Pick... Le mélange livres et individus trouve un bel équilibre: l'un ne peut exiger sans l'autre et les conséquences définissent tout.

Un roman qui propose l'envers du décors des candidatures à la publication: comment le refus est vécu, les refus, l'inspiration, le regard d'être publié mais en peu d'exemplaires... Comment une famille peut vivre la soudaine notoriété et le potentiel que l'œuvre ne soit pas de la personne. Il y a le côté montée d'adrénaline et la chute.

Les décors ne sont pas oublié, pour cerner le cadre d'évolution des personnages: la mer, une maison, un appartement, un grenier, une chambre... Les rapports les uns aux autres évoluent, et donnent un regard différent au fur et à mesure de l'histoire quant aux lieux. Les ressentis s'expriment et font réfléchir: faut-il révéler le fond de l'écriture?

mardi 11 juillet 2017

"Au fond de l'eau" de Paula Hawkins

En froid avec sa soeur New depuis des années, Julia n'a pas voulu lui répondre lorsque celle-ci a tenté de la joindre. Une semaine plus tard, le corps de New est retrouvé dans la rivière qui traverse Beckford, la ville de leur enfance. Obligée d'y revenir, Julia est terrifiée. De quoi a-t-elle le plus port? D'affronter le prétendu suicide de sa soeur? De s'occuper de Lena, sa nièce de quinze ans, qu'elle ne connait pas? Ou de faire face à un passé qu'elle a toujours fui? Plus que tout encore, c'est peut-être la rivière qui la terrifie, ces eaux à la fois enchanteresses et mortelles, où, depuis toujours, les tragédies se succèdent.


Propulsée sur le devant de la scène littéraire avec "La fille du train", adapté d'ailleurs au cinéma, Paula Hawkins continue sur sa lancée de drame familial. Ici, il ne s'agit pas d'un couple observé depuis la fenêtre d'un train, mais d'une soeur qui se serait suicidée, de la nièce qui se montre très agressive. Et l'on creuse dans un passé où l'on n'a pas envie d'aller, plusieurs protagonistes y sont confrontés.

Jusqu'au bout, Paula Hawkins donne une plongée lente vers ces souvenirs douloureux, sans oublier de résoudre ce qui n'est pas un suicide. A chaque nouvelle pierre découverte pour l'enquête, nous nous rapprochons de vérités enfouies.

Après le terrestre, voici l'eau. Une zone, où il y a eu de nombreuses noyées, uniquement féminines, attire comme un aimant les "femmes à problèmes" pour reprendre les termes de Paula Hawkins. Qu'est ce qui fait que cette ville, avec cette rivière, soit aussi accidentogène? Enfin, si des morts douteuses peuvent être appelées accidents...

En quelque sorte, Paula Hawkins veut inciter à écouter ses intuitions: un détail vocal dans un message vocal, un bracelet manquant... C'est aussi des cauchemars récurrents à dompter. L'organisme a un subconscient.

dimanche 9 juillet 2017

"Transformers 5 The Last Knight" de Michael Bay

Casting: Mark Wahlberg, Laura Haddock, Anthony Hopkins, Isabela Moner, Stanley Tucci, Josh Duhamel, Santiago Cabrera, Jerrod Carmichael

Optimus Prime n'est plus là... La clé de notre salut est enfouie dans les secrets du passé, dans l'histoire cachée des Transformers sur Terre. Sauver notre monde sera la mission d'une alliance inattendue: Cade Yeager, Bumblebee, un Lord anglais et un professeur d'Oxford.


Le début du film m'a complètement déroutée. J'ai cru m'être trompée de séance: atterrir dans une diffusion type "Le Roi Arthur, la légende d'Excalibur" au lieu de "Transformers". Ah oui mais en fait non, Merlin fait appel à un robot alien pour sauver l'humanité d'une bataille... Lors de cette transaction, il se voit confier un bâton, objet de convoitise par la reine de la planète Cybertron bien des siècles plus tard...


Comme l'indique le titre, "the last knight" doit révéler le dernier combatant possible pour mettre fin au bazar planétaire, il ne reste qu'un seul opposant pour maintenir la paix. Et ce n'est pas Cade Yeager, qui planque en toute illégalité, des Autobots. Loin de là: une nana, sur talons aiguilles, bardé de diplômes (une liste de Masters et Doctorats long comme un bras) qui s'avère être l'héritière de Merlin et donc la garante du bazar. Donc plutôt mal barré. Mais bon, on est dans la franchise Transformers, ça ne peut que bien se finir !


Pourquoi aller voir ce cinquième opus? Parce que l'air de rien, la franchise Transformers commence à avoir du passif.

// La réhabilitation de la planète Cybertron, dont on nous rabâche l'existance depuis déjà 4 films et ce,  jusque là, sans avoir la moindre once de réalisme. En effet, dans ce cinquième film, ce projet semble plus que réel: Cybertron s'amarre tout de même à la Terre et la bataille fait rage entre les deux civilisations.

// Une nouvelle théorie apparaît quant à l'existence de Stonehenge: un point central d'énergie pour s'implanter ou détruire une civilisation (Cybertron ou Terriens? Telle est la question car la bataille fait rage !)

// Le combat ne se contente pas d'être sur terre, il y a beaucoup de raids aériens et sous marins. Cela donne plus de perspectives quant aux enjeux (les piliers ne sont pas posés qu'à l'air libre), à la mobilisation de technologies.


Mon vrai reproche est sur la durée du film: 2h30 ! De mon humble avis, on aurait pu enlever une demie heure de film, faire plus condensé.

// Il n'y a pas grand intérêt à passer autant de temps sur les zones interdites au civils, à part des défiances entre certains groupes. Ou encore des scènes à rallonge qui montre Vivien (la femme en talons aiguilles avec des diplômes à rallonge) dans sa vie quotidienne: on a bien compris, en quelques secondes, qu'elle n'a rien à voir avec le monde des Autobots et Decepticons !

// Le destin de Cybertron et des robots qui est scellé du temps du Roi Arthur et des chevaliers de la table ronde: pourquoi ne pas être remonté encore plus loin?...


Ma note: 4/5 un opus qui donne de nouvelles perspectives, avec la reconstruction de Cybertron et ses enjeux pour la Terre et les robots. Malgré des passages un peu trop long et l'introduction un peu tiré par les cheveux, les scènes d'actions sont bien menées et l'histoire se renouvelle.


A voir: par les inconditionnels de la franchise, pour voir un nouveau scénario (ça y est enfin la planète Cybertron est au coeur de l'action !), pour un destin entre les mains d'une femme

A zapper: si vous trouvez que la franchise commence à tirer en longueur

samedi 1 juillet 2017

"Qui a tué Lady Di?" de Jean-Michel Caradec'h

On croit avoir tout lu, tout vu, tout entendu sur la vie et l'accident mortel de la princesse Diana. Vingt ans après son décès à Paris, des zones grises subsistent pourtant. Non pas celles suggérées par les théories conspirationnistes, mais celles au contraire que leur sensationnalisme tapageur a éclipsées. Oui, Diana est bien morte dans un accident de la circulation le 31 Août 1997. Mais le concours des hommes et des circonstances, comme l'enchaînement des faits qui ont précipité sa voiture contre le treizième pilier du pont de l'Alma, n'avaient pas livré tous leurs secrets. Avec ce livre fondé sur le rapport d'enquête criminelle, mais surtout sur les révélations inédites de nouveaux témoins  rencontrés par l'auteur au cours de son investigation, on pourra enfin dire de ce drame qui a stupéfié la planète: case closed ! La mort de Diana a transformé sa vie en destin: c'est toute son existence que nous traversons ici sans complaisance, mais avec respect et émotion, jusqu'à la fabrication de sa légende.

Un livre de 250 pages, par conséquent concis, droit au but, sans fioritures. Jean-Michel Caradec'h se cantonne en effet aux faits: extraits de PV qui comportent témoignages, vidéosurveillance, analyses d'autopsie; chronologie concise sur la vie commune de Lady Di avec le Prince et une concentration  sur la chronologie: comment s'est monté le drame.

Comment en est-on arrivé à cet évènement: une histoire de séparation de couple qui a mal tourné, un jeu avec les paparazzi qui s'est retournée contre Lady Di? Comment cela a-t-il été géré par la Monarchie? Quel a été l'impact des paparazzi dans l'accident? Quel est l'histoire de la voiture, du chauffeur? Les autopsies révèlent la violence du choc.

Ce livre se lit rapidement, du fait que l'auteur se base sur l'essentiel, sans en rajouter: les éléments fournis restent des éléments vitaux pour analyser, comprendre l'enchaînement des faits. Bien que la vie privée soit parfois évoquée, cela reste très succinct: juste ce qu'il faut pour comprendre le lien avec l'attitude en public.

"Le grand méchant renard et autres contes" de Benjamin Renner et Patrick Imbert

Ceux qui pensent que la campagne est un lieu calme et paisible se trompent. On y trouve des animaux particulièrement agités, un renard qui se prend pour une poule, un lapin qui fait la cigogne et un canard qui veut remplacer le Père Noël. Si vous voulez prendre des vacances, passez votre chemin...


Benjamin Renner est connu pour être l'auteur de "Un bébé à livrer" et "Le grand méchant renard", de la BD qui se destine en premier lieu à un jeune public, et plus largement à un lectorat plus mature: une écriture accessible qui fait réfléchir, sans tomber dans un cliché moralisateur extrême. Je m'attendais donc à retrouver ces 2 contes, avec une découverte pour le troisième..


Le film s'ouvre comme si le spectateur était au théâtre: le levé de rideau, les musiciens s'accordent... Et d'ailleurs la finale sera comme sur scène: les personnages viennent saluer le public. Et le spectateur est plongé dans trois petites histoires:
- un renard qui se retrouve papa de poussins (ces derniers l'appelant maman)
- un trio (cochon, lapin et canard) qui remplace une cigogne pour une livraison de bébé
- et enfin un duo qui est persuadé d'avoir tué le Père Noël et mobilise des chiens de chenil pour distribuer les cadeaux.


Un très beau design d'image qui rappelle fortement les livres. Personnages, répliques, décors: tout est là, comme si le papier était retranscrit en animation. Quelques libertés, forcément, ont été prises, car chaque histoire est riche en péripéties: l'essentiel est là. Les trois contes touchent aussi bien un jeune public qu'un public adulte: des dialogues simples mais qui marquent, les visions qui se confrontent sans s'égarer.

jeudi 29 juin 2017

"Nuit" de Bernard Minier

Nuit de tempête en mer du Nord. Secoué par des vents violents, l'hélicoptère dépose Kristen Nigaard sur la plate-forme pétrolière. L'inspectrice norvégienne enquête sur le meurtre d'une technicienne de la base off-shore. Un homme manque à l'appel. En fouillant sa cabine, Kristen découvre une série de photos. Quelques jours plus tard, elle est dans le bureau de Martin Servaz. L'absent s'appelle Julian Hirtmann, le tueur retors et insaisissable que le policier poursuit depuis des années. Etrangement, sur plusieurs clichés, Martin Servaz apparaît. Suivi, épié. Kristen lui tend alors une autre photo. Celle d'un enfant. Au dos, juste un prénom: Gustav. Pour Kristen et Martin, c'est le début d'un voyage terrifiant. Avec, au bout de la nuit, le plus redoutable des ennemis.


Bernard Minier reprend les personnages de Martin et Hirtmann pour ce nouveau roman. Ce qui laisse présager un certain dénouement: soit Martin se retrouve encore balloté dans tous les sens soit il arrivera à mettre la main sur cet individu et mettre un terme aux agissements. Mais c'est sans compter sur l'imagination de l'auteur, qui va mettre un nouvel élément: Gustav est-il le fils biologique de Martin, et si oui, qui est la mère? Les éléments laissés derrière Hirtmann semblent trop évident, vu le mode opératoire habituel du meurtrier: faut-il aller dans cette brèche?

La menace est constante, des premières pages aux dernières. Car il ne s'agit pas simplement d'un règlement de compte entre le policier et le meurtrier. D'autres personnes veulent mettre "des points sur les i" vis-à-vis du meurtrier, en minimisant les dommages collatéraux comme par exemple Gustav.