Sorties

Edito Octobre 2017

Octobre marque vraiment le passage la rupture: l'été s'éloigne, les journées avec la brume, les températures fraîches et les soirées au coin du feu. L'occasion de lire et d'aller au cinéma !

mercredi 28 septembre 2016

"On dirait nous" de Didier Van Cauwelaert

Deux jeunes amoureux en détresse. Un vieux couple irrésistible qui envahit leur vie et réalise leurs rêves. Le bonheur absolu? Ou le plus dangereux des pièges...?


Soline et Illan se sont rencontrés dans un TGV. Elle, Soline, est juste accroc à son instrument de musique, un violoncelle, mais ne peut se permettre de l'acheter. Spirale de dépression, pendant que lui Illan essaye de combler comme il peut. Jusqu'à ce jour où ce vieux couple, Georges et Yoa, habitant l'immeuble en face, sonne à la porte. Peu de temps après, elle reçoit sur son compte bancaire suffisamment d'argent pour acheter l'instrument. En retour? Lorsqu'elle sera enceinte, l'âme de la vieille dame se réincarnera dans le bébé. Et pour cela, il y aura des rituels à respecter.

En soi l'idée de réincarnation via la nouvelle génération est très intéressante: Yoa a quitté son clan d'Alaska contre vents et marées, souhaite perpétrer les rituels malgré tout. La confrontation entre les deux couples, la transmission du passé de Yoa et des rituels, la confrontation entre Soline et Illan, les difficultés de travail ou de musique: les axes sont complets, l'avancée de la grossesse se fait de plus en plus pesante jusqu'au dénouement. Une analyse de l'impact des croyances, des confrontations entre différentes visions? Comment assurer une promesse alors que la simple évocation de Yoa provoque le rejet de la communauté locale?

Mais honnêtement, j'ai eu du mal à livre "On dirait nous".
Potlach, culture tlingite, location-ventre, s'assurer qu'une trace particulière (tache de naissance à un endroit spécifique par exemple) pourra attester que le bébé est bien la réincarnation (information donnée qu'au Gardien du Secret)... Le couple a été choisi parce qu'il a fait penser aux vieux plus jeunes...
Des scientifiques se sont penchés sur la question des réincarnations et de ses conséquences: ce qui voudrait justifier la légitimité de ce parcours particulier. Qu'est ce qui coince? Je me serais presque attendue à une finale façon poltergeist plus qu'à une approche anthropologique (sur comment les croyances impactent les individus par exemple).
Le couple Soline / Illan ressemble à du grand n'importe quoi. Certains passages sont difficiles à suivre. Le duo Yoa / Georges tient cependant la route: un côté complémentarité, soutenir l'autre dans sa démarche. La réincarnation vire au chantage: Yoa / Georges ont jeté leur dévolu, ça peut se laisser mais pas sans conséquences; sans oublier des informations qui sont cachées jusqu'au moment où Soline ne peut faire machine arrière. Ce qui se veut être une quête transcendantale, vire en fait à l'imposition d'une démarche.

Ma note: 3/5 Didier Van Cauwelaert s'est essayé au roman d'anticipation, en s'attelant à un sujet réel d'un point de vue religieux, mais c'est très indigeste. Dommage, "Journal intime d'un arbre" et "Jules" étaient excellents.

mardi 27 septembre 2016

"Le grand méchant renard" de Benjamin Renner

Un renard et un loup s'associent pour voler des œufs. Mais le renard va s'attacher aux poussins, et inversement... Il va alors falloir les protéger. En allant vivre parmi les poules.


Les poussins, en sortant de leur coquille, prennent la première personne vue pour leur mère: donc un renard. Des quiproquos de poussins qui se prennent pour un renard, et qui prennent le renard pour une poule, le loup est considéré comme un renard... Enfin bref.
En même temps, les poules s'associent en club anti-renards. Elles s'entraînent à faire face à l'ennemi s'il venait à entrer dans la ferme. Théorie, pratique, réunions à la niche du chien: tout s'organise.

Ma note: 5/5 Qui a dit que les animaux avaient une vie tranquille? Benjamin Renner aborde ici les contes pour enfants: ici, les parents animaux racontent à leur progéniture. Et aussi la progéniture qui pose problème: les poussins, qui se prennent pour les renards, sèment la terreur à l'école et mènent la vie dure au renard.

dimanche 25 septembre 2016

"Un bébé à livrer" de Benjamin Renner

"Chef ! Le commandant du vol à destination des Philippines nous demande la procédure en cas de détournement d'avion par un cochon, un canard et un lapin..." Que se passerait-il si la cigogne qui apporte le bébé se cassait l'aile? Surtout si elle repassait le bébé à deux autres bras cassés: un lapin pas super malin et un canard encore moins futé. Heureusement, un ami cochon un peu grognon veille...

 

Un bébé doit être livré, sauf que la cigogne a un contretemps: une aile hors service, après être tombée d'un arbre. Ce qui est un peu problématique pour un oiseau... Sauf que le bébé doit être livré. A priori, pas de date de livraison, mais quand même: un bébé, ça ne peut pas attendre. Mais dans quelle direction est Avignon? Est-ce loin? Le groupe va alors tout mettre en oeuvre pour que le bébé arrive, de préférence aux bons parents.

Des idées absurdes, un humour décapant et de l'attachement. Les animaux en arrivent à vouloir garder le bébé. Un détournement d'avion: ils partent pour les Philippines au lieu de la France.Les animaux parlent, les humains ne comprennent pas les animaux, mais le bébé arrive à destination.

Ma note: 5/5 Benjamin Renner a traité l'histoire sous forme de BD mais sans les cases habituelles : des dessins libres. Le thème est un grand classique (l'histoire des cigognes), mais superbement bien traité et s'adresse à tous les âges. Hilarant !

"Harry Potter and the cursed child" de JK Rowling, John Tiffany et Jack Thorne

La huitième histoire. Dix-neuf ans plus tard. En script, pièce de théâtre. Histoire lue en anglais.


Ron, Hermione, Ginny et Harry: dix-neuf ans plus tard, c'est la vie de famille et le travail, accompagner ses enfants au Poudlard Express, comment choisir le bon compartiment dans le train pour l'école. Sauf que l'utilisation d'un Retourneur de Temps va semer la zizanie parmi l'histoire. Mais quel évènement a pu provoquer l'apparition de cet accessoire, sachant qu'Hermione avait eu une dérogation lors de ses études (et que cette dérogation est très rare)? De quelle menace parlons-nous? Quel personnage utilisera ce Retourneur de Temps?

Cet ouvrage, présenté en pièce de théâtre, offre l'opportunité de savoir ce que sont devenus les personnages de la période de Poudlard. Certes, il y a eu une petite parenthèse lors du dernier volet Harry Potter, mais infime. C'est aussi l'occasion de voir apparaître de nouvelles personnes (Delphi par exemple) ou encore d'en apprendre un peu plus sur la Dame au Chariot (qui propose chocolats et bonbons dans le Poudlard Express).

Ma note: 4.75/5 J'ai beaucoup apprécié "The cursed child", bien que le début soit un peu long à démarrer. Le lecteur retrouve l'ambiance de la magie: balais, sorts, plateforme 9 3/4, Poudlard Express, Professeur McGonagall, les portraits... C'est très agréable de se replonger dans cette atmosphère. L'approche pièce de théâtre est originale, et permet peut-être de faire avancer l'histoire plus rapidement que si cela avait été écrit comme un roman.

"Ben-hur" de Timur Bekmanbetov

Casting: Hack Huston, Morgan Freeman, Toby Kebbell, Rodrigo Santoro, Nazanin Boniadi, Pilou Asbaek, Aylet Zurer, Marwan Kenzari

Ben-Hur retrace l’histoire épique de Judah Ben-Hur, un prince accusé à tort de trahison par Messala, son frère adoptif, officier de l’armée romaine. Déchu de son titre, séparé de sa famille et de la femme qu’il aime, Judah est réduit à l’esclavage. Après des années en mer, Judah revient sur sa terre natale dans le but de se venger. Il va y rencontrer son destin.


Messala et Judah se livrent à une course à cheval, qui finira en chute pour l'un, ce qui va raviver une rancœur pour la mère biologique. Une fête. Puis Messala décide de s'enrôler, pour justifier de sa place dans la famille. Aucune nouvelle pendant son absence, et son retour va montrer que les priorités de Messala ont changés, un peu comme s'il avait eu un lavage de cerveau. Lors du passage d'une légion, le leader va être touché par une flèche, alors que Judah s'était engagé pour qu'il n'y ait pas de heurs... C'est le début de la césure définitive entre les deux frères, précipitant en même temps toute la famille.


Plusieurs destins sont à suivre. Messala, visitant les pays, livrant bataille, et voué allégeance à la Rome. Judah, s'accusant d'avoir tiré sur le leader, à fond de cale, ayant la possibilité de se confronter à Messala lors d'une course de chars. Esther, issue de la haute classe sociale, se retrouve à aider les plus pauvres, et va se rapprocher de Jésus. La soeur et la mère, embarquées par les gardes romains, destinées à être mises au pilori.


Au-delà des règlements de comptes dans la fratrie, il y a un conflit religieux. La construction d'une arène à Jérusalem est sur un lieu de mémoire d'une mouvance religieuse, cette dernière s'opposant à la suprématie romaine. C'est aussi des apparitions de Jésus: cela commence lorsque Judah est mené en exil, et ne revient que vers la fin du film lorsque Judah revient à Jérusalem. La crucifixion de Jésus n'est pas omise, bien que l'on ne voit pas son jugement précis, mais les oppositions à Jésus se disent.


"Ben-hur" mêle: péplum, opposition familiale, politique et fond religieux. La balance s'équilibre bien. Chaque personnage va jusqu'au bout de ses choix, et assume pleinement les engagements pris. Les costumes et décors sont stupéfiants: le spectateur est réellement plongé à l'époque (époque de Jésus-Christ ndlr ce dernier y est même présent). Pour l'avoir vu en 2D, je ne pense pas que la 3D apporte grand chose, à part pour la course de char à la fin du film.


Ma note: 4/5 la 3D n'est pas justifiée. Les trames s'enchaînent clairement, chaque point a le temps de s'encrer, les éléments vont et viennent au bon moment: nous connaissons le sort de la mère et de la soeur en toute fin et en même temps que Judah. Chaque personnage passe un certain temps dans sa condition, ce qui permet d'intégrer l'attitude qui va avec: Messalah passe plusieurs années au combat, Judah s'échappe du bateau après plusieurs années de captivité; rien ne se fait en quelques jours.


A voir: pour un péplum proposant plusieurs sujets (politique, fratrie...) et ses dilemmes, en poussant le développement de chaque approche sans plomber le film.

A zapper: si vous vous attendez à ce que la course de char se termine en combat à pied entre les deux frères, si vous vous attendez à ce que chacun trouve la femme qu'il faut pour pérenniser la lignée de la famille.


dimanche 18 septembre 2016

"La grande aventure Lego"

Emmet est un petit personnage banal et conventionnel, que l'on prend par erreur pour un être extraordinaire: il a récupéré une pièce, liée à une prophétie. Il se retrouve entraîné dans un périple pour sauver le monde.


Un mage (profilé Gandalf) fait face à un personnage sur échasses, en quête d'une arme ultime. 8 ans 1/2 plus tard, dans l'un des mondes, Emmet part travailler, mais avant cela il faut répondre à un guide: respirer, faire ses étirements, prendre une douche, dire bonjour à tout le monde et ainsi de suite. Sauf qu'il va se retrouver avec une pièce supplémentaire sur le dos: ce morceau qui pourrait détruire l'arme ultime.


Une visite entre différents mondes, pour enrayer le mégalo Président Business. Batman, Green Lantern, une licorne... Les personnages sont hauts en couleurs, ils trouveront un terrain d'entente pour arrêter le projet machiavélique de Président Business. Mais au-delà de cette mission, le spectateur découvre le parallèle au monde lego.


Un film qui porte deux dimensions: la quête de ces personnages cubiques, et un autre qui évolue à côté. Les deux mondes se retrouvent pour la finale, une conclusion similaire qui veut donc une ouverture universelle. Passer par les legos pour faire passer un message de confiance en soi, et élargir, est une très bonne idée: tout le monde peut s'y retrouver.


Le design est très réussi. La musique (surtout "Tout est super génial") est assez entêtante et donne une signature particulière au film, de même des thèmes particuliers à chaque monde lego visité (far ouest ou bien le monde dans les nuages): il y aurait même un thème pour chaque personnage. Chaque personnage apporte une pierre à l'édifice.


"La maison d'à côté" de Lisa Gardner

Un fait divers dans une banlieue résidentielle de Boston passionne les médias. Sandra Jones, jeune maîtresse d'école et mère modèle, a disparu. Seul témoin: sa petite fille de quatre ans. Suspect n°1: son mari Jason. Dès que l'inspectrice D.D. Warren pénètre chez les Jones, elle sent que quelque chose cloche: les réticences de Jason à réponde à ses questions, son peu d'empressement à savoir ce qui a bien pu arriver à son épouse "chérie"... Tente-t-il de brouiller les pistes ou cherche-t-il à protéger sa fille, à se cacher? Mais de qui?


Madame travaille de jour à l'école. Monsieur, journaliste, la nuit. Ainsi, il y a toujours l'un ou l'autre pour s'occuper de leur fille. Pas de nounou, donc pas de tierce personne. Lorsqu'il rentre du travail dans la nuit, elle est souvent déjà couchée, copies corrigées, fille couchée. Sauf ce jour-là. Pourquoi a-t-il mis trois heures à prévenir la police? Lorsque Jason décide de signaler la disparition inquiétante de sa femme, on lui répond gentiment qu'il faut attendre: cela fait moins de vingt-quatre heures, Sandra est adulte et n'est pas censée reporter tous ces faits et gestes... Mais lorsque l'enquête démarre, deux suspects apparaissent: le mari qui n'est pas du tout coopératif, et un voisin quelques blocs plus loin qui est fiché délinquant sexuel.

Lisa Gardner monte un canevas de pistes toutes plus pertinentes les unes que les autres: chacun a un mobile, une opportunité. Mais en creusant, il s'avère que Sandra menait une enquête sur son mari: elle s'était rapprochée d'un élève pour connaître les techniques de navigation sur internet, comment effacer l'historique, comment installer un logiciel espion... L'élève éconduit aurait-il pu tuer la prof? Rien n'apparaît sur le mari: cherchait-il à fuir quelqu'un, faisait-il parti du programme de protection des témoins? Et Sandra, brouillée avec son père depuis des années: une enfance peu reluisante, mère très jeune.

Ma note: 5/5 une famille un peu trop lisse, sans vraiment d'amis dans la ville, avec des passés peu glorieux: Lisa Gardner apporte ici un drame familial qui désigne rapidement un suspect, mais dont l'enquête va dérouter le lecteur.

"Une putain d'histoire" de Bernard Minier

Au commencement est la peur. La peur de se noyer. La peur des autres, ceux qui me détestent, ceux qui veulent ma peau. Autant vous le dire tout de suite: ce n'est pas une histoire banale. Ça non.


Elle rompt avec lui, sur le pont d'un ferry, traversant Manhattan. Son corps est retrouvé le lendemain. Forcément, le petit-ami est le coupable idéal: la vidéosurveillance du ferry montre une altercation physique entre le couple. Le groupe d'amis va faire face avec les moyens du bord, en fonction de leurs hormones. C'est le début des fissures familiales: un prédateur se rapproche des parents d'Henry, qui est un couple de lesbiennes. Il y a aussi un maître chanteur, qui n'est pas démasqué: la tâche est ardue. A quoi est vraiment mêlé les parents adoptifs d'Henry? Naomi était-elle la personne qu'elle prétendait être?

Bernard Minier tisse ici des drames. L'adolescent qui va découvrir qui est son père, et ce au détriment de ses deux mères adoptives. L'adolescente qui a quitté l'enfance un peu tôt. Une adoption qui n'est pas nette. Un politicien qui n'a pas voulu que sa maîtresse garde le bébé. Bernard Minier propose plusieurs trames qui se croisent, évoluent en parallèle: tout le monde se retrouve mouillé. Les victimes ne sont pas les personnes que l'on croit.

Ma note: 5/5 des adolescents dans les tourments, à vouloir tirer leurs propres conclusions, à se soutenir ou se tirer dans les pattes. Face à des adultes qui veulent s'en tenir à l'évidence. Bernard Minier confronte deux mondes, deux approches, qui au final vont réussir à aboutir à un accord.

jeudi 1 septembre 2016

"Le temps est assassin" de Michel Bussi

Été 1989. La Corse, presqu'île de la Revellata, entre mer et montagne. Une route en corniche, un ravin de vingt mètres, une voiture qui roule trop vite et bascule dans le vide. Une seule survivante: Clotilde, quinze ans. Ses parents et son frère sont morts sous ses yeux.
Été 2016. Clotilde revient pour la première fois sur les lieux de l'accident, avec son mari et sa fille ado, en vacances, pour exorciser le passé. A l'endroit même où elle a passé son dernier été avec ses parents, elle reçoit une lettre. Une lettre signée de sa mère. Vivante?


Alternance du journal intime de Clotilde ado, avec l'histoire de 2016: plus Clotilde se rapproche de la vérité sur la mort de ses parents, plus son journal intime révèle les problèmes de ses parents, ce qui s'est passé pendant l’Été 1989. Une menace était là cet été, où la famille est morte. La menace est toujours là des années plus tard. Clotilde va réussir à découvrir ce qui s'est réellement passé lors de l'accident qui a tué ses parents et son frère, mais pas à n'importe quel prix: sa fille, son mari, elle-même qui n'aurait pas dû survivre à cet accident, et même un de ses parents qui a finalement survécu alors que Clotilde est persuadée que ses deux parents étaient à l'avant de l'habitacle.

Des affaires que Clotilde a récupéré à l'hôpital, il manquait son journal intime d'ado. Qui l'a récupéré? Qui a pu l'utiliser, et pourquoi? Qui est vraiment dans le caveau familial? Que savent les grands-parents? Une ambiance insulaire, qui attire ses propres trames politiciennes et policières. Car Natale voulait créée un sanctuaire de dauphins, pendant que le gérant du camping voulait une extension et bétonner une partie de l'île, et que les parents de Clotilde menaient une mauvaise passe. 1989 a fait imploser une famille, développer une autre famille.

Ma note: 5/5 Une trame dramatique menée tambour battant. Les souvenirs jouent des tours à Clotilde: qui est vraiment mort cette nuit d’Été 1989? L'innocence de Clotilde, certes, mais de sa famille? En 2016, elle est sur le point de perdre à nouveau la famille construite malgré ses blessures psychologiques, la perte de sa famille.